Zelda : Spirit Tracks

Test

…en sifflant une chanson

Pourquoi Zelda est-elle une série si sacrée dans l’esprit de nombre de joueurs? En y regardant de plus près, on remarque que la plupart de ces joueurs ont commencé sur la NES ou la SNES, enfants. A l’époque, la série des Zelda incarnait leur rêve: devenir un grand héros confiant, parcourir un royaume immense infesté de monstres qu’ils occiraient d’un coup d’épée et sauver la princesse innocente. Aujourd’hui, ces enfants ont grandi- et paradoxalement, depuis quelques opus, Link n’est plus le héros adulte que l’on connaissait, mais un enfant naïf qui lui aussi aspire à l’aventure- reflet de ce qu’étaient autrefois les joueurs. Ainsi, jouer à un des derniers Zelda (The Minish Cap, The Wind Waker, Phantom Hourglass, Spirit Tracks) revient à retrouver le jeune bambin plein de rêves que nous étions. (on note d’ailleurs que dans Ocarina of Time, l’un des épisodes au « milieu » de la série, Link alterne entre enfant et adulte- tout comme les joueurs qui devenaient progressivement adultes).

 

Je suis l’un de ces premiers joueurs de la série (mon premier Zelda étant été The Adventure of Link, sur NES), et aujourd’hui encore Zelda me fait vibrer pour toutes ces raisons. Cependant, je ne peux pas mentir et dire que la nouvelle orientation de la série, en partie motivée pour rendre Zelda plus accessible à tout public, me chagrine un peu, dans le sens où des éléments des premiers épisodes me manquent. Aussi, quand Spirit Tracks a été annoncé comme plus complet, plus difficile et plus orienté « énigmes » que son prédécesseur, j’étais partagé. Heureux d’un côté car c’est ce que je voulais entendre, mais de l’autre on avait annoncé Phantom Hourglass comme le renouveau de la série et cela n’avait pas été particulièrement le cas. Alors, qu’en est-il?

Pareil mais en (un peu) mieux

Niveau technique, rien de bien surprenant. Spirit Tracks utilise le même moteur que Phantom Hourglass, et à part quelques effets graphiques additionnels subtils ci et là, on pourrait jurer que ces deux jeux sont faits pour marcher ensemble, un peu comme les Oracle sur Game Boy Color, même si il en est rien. Du coup, la prise en main sera immédiate pour n’importe qui ayant joué à Phantom Hourglass. Le dépaysement vient de l’univers- Spirit Tracks se passe environ 100 ans après PH, sur un continent couvert de voies ferrées au centre duquel trône la Tour des Esprits. Très tôt, la princesse Zelda se fait tuer par le méchant, son corps étant destiné à recevoir l’âme d’un sombre démon à ressusciter- et il ne subsiste plus que son âme. Link et Zelda s’embarquent alors pour récupérer le corps de Zelda et en finir avec le méchant.

 

La formule est la même que Phantom Hourglass: donjons (au nombre de 5, malheureusement trop peu), boss, quêtes annexes de part et d’autre (plus présentes que dans PH, mais toujours un peu manquantes à mon goût- la manière dont on obtient l’épée niveau 2 dans Spirit Tracks est assez déplorable), et exploration de la carte en train (au lieu du bateau).

Train-train quotidien

Le train justement, parlons en. Il est très similaire au bateau (on peut d’ailleurs en changer les pièces, collectionables), et malheureusement, sous exploité à mon goût. Ce que j’aime quand je voyage en train, c’est voir le paysage défiler à toute allure- ici tout va lentement, et bien que l’on puisse faire « tchou tchou » avec le sifflet et qu’il y’ait des ennemis à éliminer de temps à autre, tout cela reste relativement morne. Heureusement, comme pour le bâteau, des téléporteurs viendront accélérer les choses.

 

Un autre de mes regrets est la courte durée des donjons (surtout quand on se rappelle des longs donjons à 5 étages ou plus des Zelda Game Boy, qui nécessitaient des aller-retours incessants). De plus, je trouve les nouveaux objets assez fades- je me souviens de l’impatience que j’avais à découvrir les nouveaux objets dans les anciens Zelda- ici, ils sont au nombre de 6, et pour la plupart déjà vus dans PH. Mon plus gros problème est le même qu’avec Phantom Hourglass: le jeu prend vraiment son rythme de croisière à partir du dernier donjon (voire un peu avant). Malheureusement, à ce moment là, il ne reste que quelques heures de jeu, ce qui nous laisse un peu sur notre faim.

Enfin, léger détail: je trouve que la flûte des esprits est très mal mise en place. N’ayant aucun sens du rythme, lorsqu’il faut faire une chanson en rythme, je dois chaque fois m’y prendre une bonne vingtaine de fois. Heureusement cela ne se passe que 6 fois dans le jeu, mais quand même- une visualisation de la musique jouée plus marquée aurait été grandement appréciée. Une chose que j’ai vraiment aimée cependant, c’est les derniers boss- très épique, parfaitement dans l’esprit Zelda.

Fantasme de cheminot

Pour le reste, ce jeu a tous les avantages de PH: ergonomique et intuitif, des jolies musiques (même mieux de l’avis de certains), visuellement très plaisant, avec des nouveautés bien vues (telles que l’annotation de la carte).

 

Ne vous méprenez pas, ce Zelda reste un très bon jeu, dans le top de la ludothèque DS, parmi ceux qui exploitent la petite console à fond. Il plaira sans aucun doute à ceux ayant aimé aimé PH et à ceux découvrant Zelda- et il fera sans doute le bonheur de certains fans. Malheureusement, pour d’autres comme moi, il laisse un petit goût de « dommage ». Peut être devons nous nous faire à l’idée que la série des Zelda 2D telle que nous la connaissions est morte pour de bon, et bien que la franchise ait gardée le même nom et personnages, elle a définitivement évolué.